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Revue
de presse
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"Le swing de la
couleur"
Chez Daniel Bigaré le
principe est la
couleur. Elle éclate sur sa toile,
jaillit dans de joyeuses verticalités qui signent chaque
œuvre,
estompe
ses sujets dans un halo protecteur. La joie de vivre de cet homme
solide
s'extériorise admirablement dans son œuvre.
La cinquantaine naissante, Daniel Bigaré atteint aujourd'hui
sa
pleine
maturité. Hermétique aux concessions, il a
toujours
mené une carrière
originale, parfois discrète, quelquefois interrompue.
Après des années de
recherche solitaire, sortant de la grisaille qu'il s'était
imposée, il a
enfin, comme il le dit lui-même, "osé la couleur".
Elle
est entrée au
service de compositions sûres qui retranscrivent la puissance
de
leur
auteur. Il a conservé de ses recherches abstraites une
peinture
à son
image, physique, où le geste prime sur la
représentation.
Anonymes et sans
yeux, les personnages de Bigaré n'existent qu'en tant
qu'éléments d'un
groupe.
L'artiste ne peint que ce qu'il aime. Si la Champagne reste sa terre
d'élection, celle des copains, sa palette
nécessite le
soleil de la
Méditerranée pour engendrer la
plénitude.
Délaissant le sport, il parcourt
les marchés, les rues ivres de soleil, se
prélasse
à la terrasse des
cafés, jouit du spectacle coloré des parasols sur
la
plage. Parmi ses
nouveautés, on notera des natures mortes
égayées
de silhouettes féminines
en arrière-plan. Mais le sujet de prédilection de
Daniel
Bigaré, demeure
encore les musiciens de jazz. Là, ses toiles swinguent des
effets
harmoniques de l'orchestre dans une ambiance de bleus qui n'est pas
étrangère à la "Blue-note" des jazzmen.
Alain
Coudert - Arts
Actualités Magazine N° 51 -
Décembre 94/Janvier 95
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"De
singulières
déclinaisons de bleus"
En plusieurs décennies de
carrière,
tout ou presque a été dit sur les
"compositions vigoureuses et rythmées" de l'œuvre
de
Daniel Bigaré, "ses
joyeuses verticalités", ce sens de la couleur
maîtrisée après des années
de recherche et d'hésitation. Cependant, ses toiles
continuent
d'opposer
un mystère opaque à toute tentative de
rationalisation.
Bien qu'il s'en
défende vigoureusement, Daniel Bigaré est devenu
un
maître. Mais un maître
difficile parce que bien des questions sur son travail restent
inassouvies. Dans l'élan coloré de son
inspiration, les
interrogations
affamées demeurent, entières et mystiques.
Où donc
Daniel Bigaré va t'il
chercher ses déclinaisons de bleus singuliers? Dans quel
ciel
tire t'il
ses images recomposées? Comment le monde qu'il nous restitue
peut-il avoir
cette richesse enluminée, alors même qu'un lucide
et
violent pessimisme
nourrit le regard qu'il porte sur les hommes et leurs hochets?
Un fragment de réponse se trouve dans la chaleur multicolore
de
ses
compositions. A l'âpreté rude d'incertains
paysages
bretons, Daniel Bigaré
préfère à l'évidence la
quiétude des
couleurs odoriférantes des ports
méditerranéens. La rudesse de ses coups de
pinceaux s'y
trouve atténuée
sans que rien ne soit renié de la vitalité
bourrue de ses
compositions.
Dominique Charton - L'Union - 1998
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Daniel Bigaré n'est pas un ami. C'est un copain, dans la
tradition de ceux
fraternellement chantés par Brassens. Aussi, quand il m'a
demandé de
prendre la plume, j'ai hésité. Le copain ne
risquait-il
pas de prendre le
meilleur sur le peintre? lui aurait dit,
dans son langage
coloré, le
barbouilleux!
Car Bigaré, à
l'inverse de beaucoup de ses
collègues, n'est guère
charitable vis-à-vis de lui-même.
Cet
anticonformisme, qui n'a rien à voir
avec de la fausse modestie, lui va
d'ailleurs à ravir. Oui, mon petit gars!
Depuis l'époque du groupe
"Jeune Peinture" il n'a cessé de démonter sa
peinture, de la morceler, de la moderniser, de jeter sur ses toiles, des
rouges, des blancs, des bleus qu'il affectionne tout
particulièrement. Il
n'a jamais cherché à
flatter l'œil,
à accrocher le client. Il n'est pas
homme à faire des
concessions pour tenter de se faire un
nom. Bigaré va
délibérément à contre
courant, sachant pertinemment que ses personnages
sans visage, continueront de
choquer les puristes, mais sans jamais
susciter la moindre indifférence.
Quand je regarde ses œuvres, des
noms de peintres qui ont fait
école, me
viennent inconsciemment à l'esprit.
Décidément, objectivité et subjectivité ne feront
jamais bon ménage quand
il s'agit d'un copain ... d'abord.
Bernard Hennique
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"Les Bigaré vus par Cabu"
(1962)
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Il faudra bien parler de "l'École
de Châlons-sur-Marne" comme on cite
l'École de Barbizon pour désigner
ces peintres châlonnais qui, depuis
bientôt vingt ans, vivent en
commun une passionnante aventure
picturale.
Bigaré et Mescouli, deux
artistes qu'on serait tenté d'appeler les Dupont
Dupond de la peinture tant il est
difficile de dissocier leurs expériences
marquées par une solide amitié.
Maurice Saleck - Reims 1980
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Les paysages et les natures mortes de
Bigaré constituent le plus bel
exemple d'une vision conforme aux
critères de la
réalité moderne. Cette
vision se matérialise d'abord
par l'éclat des taches de couleurs tirées
d'une palette aux tons purissimes ;
on allèguera
néanmoins, et c'est en
cela que réside le paradoxe,
que ces notes aiguës de bleus et de rouges
n'agressent pas, sans doute parce que
cette
réalité toujours complexe vue
à travers l'objectif du peintre touche parfois à
l'abstraction, et que,
depuis un demi-siècle notre
œil est habitué
à ces variations formelles
colorées venues de toutes les origines.
Quoi qu'il en soit, l'œuvre de
Daniel Bigaré témoigne
d'un grand talent auquel nous rendons bien
volontiers hommage.
Parce que le talent authentique, ça
ne court pas les rues ...
Ray - Troyes 1982
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Daniel
Bigaré est un peintre de la lumière et de la
couleur. Il est
un peintre du bonheur comme n'hésite
pas à le dire Maurice Bruzeau,
et sa peinture a un goût de vacances.
Ces éclats de couleur
structurent la composition et
marque formes et contours, comme le
note Christian Germak : "quel
que soit le sujet traité, courses de
chevaux, compétitions sportives, jockeys en mouvement, orchestres de
jazz, natures mortes, comme bords de mer, l'artiste a son regard et
c'est ce regard bien personnel
qu'il entend traduire dans ses
toiles."
Bigaré
– peintres des jours heureux
Bigaré est un
peintre du bonheur, peut-être est-il lui-même le bonheur de
peindre, coloré,
très coloré, mais sans agressivité, sans violence. Et
transparent,
délicat,
subtil, avec des forces seulement évoquées.
Ses
thèmes reprennent à leur compte le rythme de la vie.
Désirée, cette vie
écrite par Bigaré,
mais nullement dévorée. Caressée, lissée, presque bercée.
comme par des
vagues, douces.
La mer sans danger, le soleil sans brulures, les cavaliers
sans obstacles, le
rugby
sans violence ; oui, la transparence du plaisir, du désir et
du rire.
Daniel
Bigaré demeure du bon côté du miroir pour donner à voir
la face positive
des choses, la
vie, sans métaphysique ni obsession. Sauf sans doute celle de la
couleur. En bleu
surtout. Quels bleus !
Plus riches par contraste avec le reste de
la
palette, plus forts Grâce à la rigueur de la construction qu’équilibrent,
soutiennent
les verticales.
Et pourtant, son couteau prend peu de matière, d’où ce résultat
de transparence.
Même pour l’outremer. Cette technique lui permet de transformer
les
contrastes des pâtes en simples oppositions chromatiques, d’une
grande
délicatesse,
et d’une élégance raffinée.
Les thèmes heureux de Daniel Bigaré,
son style, la
manière de sa peinture
le
rendent – c’est une grande qualité –
un créateur pour tous, accessible à tous,
enrichissant pour
tous.
Car
c’est une peinture vacances, une peinture-soleil, une
peinture-champagne
que
chacun peut consommer et voir et boire sans modération. Une
musique d’été.
Maurice
Bruzeau
CHALONS
EN CHAMPAGNE
Ecury-sur-Coole
mercredi 28
mai 2008
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Daniel Bigaré
expose de nouveau dans
son atelier
Il
tire toujours sur sa bouffarde
comme pour se recharcher d’inspiration.
D’inspiration, Daniel
Bigaré n’en n’a jamais manqué
témoin encore ses 120 dernières peintures qu’il proposera ce
week-end, chez lui dans son atelier
" Le Nergone "
à Ecury-sur-Coole, au
bon goût des visiteurs.
Durant deux jours, il recevra
dans un souci de
partage. Le peintre en Champagne qu’il est s’est
évadé
il y a peu au Maroc avec des amis et Ginette son épouse. Du coup,
il en a ramené un florilège
de couleurs chaudes, depuis
le souk de Marrakech ou
la Médina
de Fès .Ces couleurs mariées aux
légendaires bleus de
l’artiste Chalonnais, donnent aux œuvres présentées un
ensemble une nouvelle
fois réussi. Au reste,
comment sans doute pourrait-il en être autrement alors qu’en
Daniel Bigaré,
71 ans , la région possède ce que
la peinture fait de mieux ?
Palette enchantée.
Il ne commente que peu ses
toiles. Lui peint, aux autres de parler. Chacun son truc. Il
laisse à
autrui le soin de s’épancher sur
le mystère flouté de cette peinture. Le message de celle-là,
les
raisons de l’agencement de cette
autre. Mieux que beaucoup, il sait qu’exposer signifie
s’exposer
.
il milite pour cette idée : dès lors que la
toile est signée ( il y a longtemps de cela, il
a laissé son
ami Cabu le persuader de changer son paraphe qui
ressemblait trop au style Bernard Buffet qui
lui-
même ne lui ressemblait pas), elle appartient aux
autres. Ce sont leurs regards qui approuvent
ou
désapprouvent. Celui qui dernièrement, excusez du peu, a
eu droit à un article dans le magazine
«
L’univers des Arts » une référence pour le monde
pictural, est un vrai modeste : il est de ceux qui
suggèrent que
l’observateur détient une forme de vérité dont l’artiste
n’a pas le monopole.
"
Blue Note ", -
titre de sa nouvelle
exposition – est un rendez-vous chatoyant avec les souvenirs
d’un
Maghreb qui enchanté sa palette . Dans le domaine de
l’expression, tout est personnel. Tout
est dans la tête. Et la tête instruit le pinceau.
Et, quand comme ici, le pinceau est talentueux, il fait
hocher les têtes…
L'Union
-
Fabrice
Minuel.

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